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Less than 400 heures en 6e année

Dans son discours inaugural du 23 février 2011, le premier ministre Jean Charest annonçait que «les élèves de 6e année du primaire consacreront la moitié de leur année à l’apprentissage intensif de l’anglais».

Un programme universel d’Anglais intensif allait être implanté partout au Québec, pour tous les élèves de sixième année du primaire, selon un échéancier de cinq ans.

Cette décision n’est basée sur aucune recherche sérieuse, aucune analyse concernant les impacts d’une telle mesure, et n’émane pas d’une demande du ministère de l’Éducation ni de la ministre.

Des groupes de travail du Ministère sont aussitôt mis en place ainsi qu’un comité du suivi. Si je résumais leur mandat, je dirais qu’il est de VENDRE LE PROJET.

Notre fédération enseignante, la FSE, a mis sur pied des groupes de réflexion avec des titulaires de sixième année et des spécialistes d’Anglais langue seconde au primaire. Puis, une consultation a eu lieu auprès de ces mêmes groupes pour valider les données recueillies.

Des membres de l’exécutif de la FSE siégeaient  aux groupes de travail et au comité de suivi du Ministère. Ils y ont fait part de nos préoccupations devant l’improvisation d’une telle décision : confusion et inquiétudes exprimées par les enseignantes et les enseignants; problème de l’intégration des élèves HDAA; réussite scolaire compromise pour l’ensemble des élèves avec 400 heures de moins pour les apprentissages requis en sixième année, etc.

Malheureusement, ces préoccupations trouvent peu d’écho. Aussi, nous leur avons demandé de se retirer de ces comités.

Le Ministère a une vision théorique du projet, sans reconnaissance de la réalité de la classe. Aucune solution concrète n’est proposée aux problèmes soulevés, particulièrement par les titulaires.

De plus, malgré les besoins estimés à plus ou moins 375 enseignantes et enseignants pour l’an prochain, aucune action n’est en marche actuellement pour y répondre.

Bien qu’en décembre dernier, le premier ministre ait parlé de souplesse dans l’application de cette mesure, on constate que les 400 heures consacrées à l’Anglais langue seconde sont toujours présentées comme une prescription.

Les commissions scolaires sont invitées à se mettre en action, bien que les ressources nécessaires ne soient pas au rendez-vous, que le régime pédagogique n’ait pas été modifié en conséquence, que les commissions scolaires anglophones, supposées venir à la rescousse pour combler le manque de personnel qualifié, soient elles-mêmes en pénurie de personnel.

Nous convenons que l’enseignement intensif d’une langue est plus efficace qu’un éparpillement sur plusieurs années, mais les enjeux soulevés par cette initiative gouvernementale et l’improvisation qui l’accompagne nous ont amenés, non seulement  à nous retirer des comités, mais également à nous pencher sur des modèles d’organisation scolaire réalistes.

Depuis une décennie, le réseau de l’éducation est soumis à toutes sortes de changements : intégration, bulletin unique, compressions budgétaires, fusions possibles de certaines commissions scolaires, anglais intensif.

C’est malheureusement sur nos épaules que reposent encore une fois les conséquences d’une décision politique improvisée. Car l’éducation est sous l’emprise de politiciens en mal de pouvoir, qui se servent de l’école pour se faire du capital politique.

Monique Pauzé

Un commentaire 9 février 2012

Les enseignants ne font rien durant les journées pédagogiques?

Je me permets de publier une lettre que j’ai reçue d’une enseignante le mardi 31 janvier 2012.  Elle réagit à l’équipe de l’émission « C’est bien meilleur le matin » diffusée à la Première Chaîne de Radio-Canada.

J’hésite à vous écrire ce matin, car j’ai beaucoup de travail qui m’attend dans ma classe de 3e année du primaire durant cette journée pédagogique. J’enseigne sur la Rive-Sud, dans la ville de Ste-Julie. J’ai quand même décidé de prendre quelques minutes aujourd’hui pour vous écrire ma frustration face à un commentaire que vous avez dit ce matin vers 6h00.

Je commençais à me réveiller et je vous ai entendu discuter sur le nombre de journées pédagogiques qui existaient et j’ai senti dans votre ton une certaine ironie qui signifiait que nous en avions peut-être beaucoup trop. Ce fut assez pour me réveiller complètement et me faire lever plus tôt que prévu, enragée contre ces commentaires réguliers que nous entendons dans les médias (parfois chez vous et aussi ailleurs)  sur ce sujet.

Pour répondre à votre questionnement, nous avons 20 journées pédagogiques réparties sur toute l’année scolaire. Chaque commission scolaire décide, après une vaste consultation, de son calendrier. Il y a en habituellement 4 en août avant la rentrée des élèves et 4 autres en fin d’année quand les enfants sont en vacances. Il en reste donc 12 à placer dans les neuf autres mois de l’année. Ce qui fait en moyenne 1 journée par mois.

Il faut que vous sachiez que ces journées sont essentielles à notre travail, et il serait impossible d’aider correctement notre génération future si celles-ci n’existaient pas. Voici donc une liste incomplète de ce que nous faisons dans ces journées. Nous devons entre autres, rencontrer les parents d’élèves en difficulté, et croyez-moi il y en a ! Cette année, j’ai 8 plans d’intervention dans une classe de 23 élèves, c’est-à-dire des élèves qui présentent des difficultés assez importantes. Je ne suis pas dans le milieu le plus difficile. En général, on rencontre ces parents au moins deux fois dans l’année. Chaque rencontre dure au moins 60 minutes. Je dois aussi planifier les évaluations, les apprentissages pour nos 7 disciplines, corriger les travaux et porter un jugement pour chacun des enfants pour finalement produire les bulletins trois fois par année, répondre aux téléphones des parents, rencontrer les différents intervenants (orthophoniste, psychologue, psychoéducatrice, orthopédagogue, technicienne en éducation spécialisée, direction d’école, service de garde…) pour bien coordonner nos interventions auprès des jeunes et des parents. Il faut aussi classer les multiples papiers et documents que nous recevons ou que nous rédigeons, préparer du matériel pour les élèves en difficulté qui doivent avoir des travaux adaptés à leurs problèmes particuliers, préparer aussi du matériel d’enrichissement pour les élèves plus forts, se perfectionner en participant à des  colloques ou à des formations à la commission scolaire, comprendre les changements du bulletin, participer à des comités internes de l’école par exemple celui de la bibliothèque, de l’informatique… , organiser des événements pour souligner la St-Valentin, Pâques …avec les élèves.

Bref, je pourrais continuer la liste encore longtemps, mais je dois arrêter car la tâche qui m’attend est importante à mes yeux durant ces journées pédagogiques. J’aime mes élèves et je veux être prête dans les semaines à venir pour les aider à réussir le  mieux possible et aussi à être heureux  de venir à l’école avec une enseignante bien disposée qui a eu le temps de planifier les travaux et les apprentissages. J’adore mon travail, je ne regrette pas mon choix malgré que la tâche soit toujours de plus en plus lourde. J’aimerais cependant sentir l’appui de la population au lieu de devoir justifier mon travail. Par vos commentaires, vous pouvez faire la différence. C’est pourquoi je prends le temps de vous écrire. Ce n’est pas la première fois que je pense à le faire, mais je ne prenais pas le temps… Ouf ! Ma colère s’estompe, …

J’espère que ces quelques lignes vous aideront à comprendre mieux notre travail durant ces « fameuses » journées pédagogiques. Je dois m’arrêter ici car mes corrections et ma planification m’attendent.

Je vous souhaite une excellente journée !

Marie Larivière

Enseignante du primaire depuis 22 ans

35 commentaires 31 janvier 2012

LE BON VIEUX TEMPS

Au musée du FIER MONDE se tient actuellement une exposition sur le syndicalisme enseignant.

 On peut y voir une publicité datant de 1960  du Parti libéral qui promettait une éducation gratuite du primaire jusqu’à l’université.
Le parti libéral a bien changé .

Depuis qu’il est au pouvoir, plus précisément depuis 2007, les frais de scolarité augmentent.

 Une grande manifestation étudiante aura lieu jeudi le 10 novembre pour dénoncer la hausse des frais de scolarité. Déjà au cours de l’été, des jeunes du collégial et de l’université ont campé devant le Ministère pour dénoncer la volonté du gouvernement de hausser les frais de scolarité. Depuis 2007, les frais augmentent de 100$ par année et ce, jusqu’en 2012. Ce sera donc à terme une augmentation de 30% en 5 ans.
Oui, le parti libéral a bien changé.

Mais le CSQ n’a pas changé. Nous croyons toujours comme organisation syndicale que l’éducation demeure le plus puissant outil qu’une nation puisse se donner pour s’épanouir. Or, l’augmentation des frais est une entrave à l’accessibilité aux études supérieures pour les jeunes de la classe moyenne et ceux des milieux défavorisés. Même les études effectuées ou recensées par le ministère de l’Éducation le prouvent.

En 1960, on voulait une éducation qui vise une plus grande justice et une plus grande égalité. Du côté syndical nous visons toujours ce but. Du côté du Parti libéral on a démissionné.

C’est l’action solidaire qui fait avancer des revendications. C’est pourquoi nous serons présents avec le mouvement étudiant pour la manifestation.

Si vous désirez en connaître encore plus sur l’histoire du syndicalisme enseignant, vous pouvez aussi visiter cette exposition qui se tient jusqu’au 4 décembre à l’Ecomusée du fier monde situé au 2050 rue Amherst (angle Ontario)
Les frais d’admission sont de 6$ pour les adultes et de 4$ pour les étudiants.

Laisser un commentaire 8 novembre 2011

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