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Ce n’est pas moi qui le dis

L’organisation de la coopération et du développement économiques (OCDE) vient de publier un rapport intitulé En finir avec  l’échec scolaire-Dix mesures pour une éducation équitable.

Ces mesures, peut-on lire, concourraient à une société plus juste et éviteraient les importants coûts sociaux des adultes marginalisés peu qualifiés.

On suggère de mieux intégrer les immigrants et les minorités, de renforcer les liens entre l’école et la famille dans les milieux défavorisés.

On suggère aussi aux gouvernements d’éviter de subventionner l’école privée.

Ce n’est donc plus seulement le mouvement syndical qui demande d’arrêter le financement des écoles privées mais aussi un organisme dont on ne peut pas dire qu’il est de gauche!!!

Ici, au Québec,  la Dre Laberge, qu’on peut entendre à la radio et à la télévision, dénonce de son côté l’anglais intensif universel. Elle argumente que la pression mise sur les élèves pour atteindre des standards de performance, comme réussir la sixième année avec 400 heures en moins, génère trop d’anxiété chez les jeunes.
De plus, elle condamne aussi les classes enrichies et les écoles privées qui n’acceptent que les bons élèves, alors que les autres classes, écrémées des meilleurs éléments,  deviennent pratiquement des classes d’adaptation.

Dans un cas, des élèves vivent de l’anxiété parce qu’on attend trop d’eux ; dans l’autre,  les jeunes ont le sentiment d’être relégués dans des classes d’adaptation.
La Dre Roberge souligne régulièrement le fait qu’il y a de plus en plus d’élèves qui ont des problèmes parce qu’ils sont élevés avec la peur d’avoir peur.

Il est bon d’entendre d’autres intervenants avoir les mêmes analyses et les mêmes solutions que les syndicats en éducation.  Il est bon de réaliser que nous ne sommes pas seuls à défendre l’école publique. Quelle éducation voulons-nous pour le Québec? Il faut continuer à s’interroger sur ce qui est le mieux pour l’ensemble des élèves.

Un commentaire 15 février 2012

VIVE LES IMPOTS

Lundi, 17 octobre est la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.

Des moyens pour lutter contre la pauvreté, nous en avons ici au Québec. Malheureusement de plus en plus de personnes adhèrent au discours qui dit que nous sommes trop taxés et qu’il faut baisser les impôts.
Pourtant, les impôts demeurent un moyen important de redistribution de la richesse et de réduction des inégalités.

Le courant néolibéral qui est en place depuis une trentaine d’années n’a fait qu’accroître l’écart de revenus.
En effet, de nombreuses études dont celle du Conference Board confirment que la pauvreté s’accroît aux Etats-Unis et au Canada.

L’écart entre riches et pauvres serait moins flagrant au Canada mais les inégalités se sont accentuées plus rapidement ici depuis une quinzaine d’années.
Le Conference Board a comparé 16 pays développés et le Canada se retrouve avec le Japon, l’Italie et trois autres pays anglo-saxons, dans le peloton des six pays les plus inégalitaires,  écrit Jean-Robert Sansfaçon dans le quotidien Le Devoir.
Malgré cela, il y a une bonne nouvelle: la concentration de revenus entre les mains des plus riches est moins importante au Québec et le taux de pauvreté est aussi moins élevé, écrit-il encore.
Les programmes sociaux qui sont en place au Québec en santé, en éducation, en service de garde, en frais universitaire etc. contribuent donc à plus d’égalité.

Malheureusement, bien des décisions du gouvernement Charest risquent d’inverser cette tendance et de nous conduire à plus d’écarts comme dans d’autres provinces et pays.
La contribution santé, la hausse des frais de scolarité, la hausse de la TVQ sont des exemples criants qui appauvriront une partie de la population.

Il n’est pas vrai que le fardeau fiscal des Québécoises et des Québécois est plus lourd,  mais il faut modifier certaines mesures fiscales pour créer plus de justice.
Chaque dollar payé en impôt est un investissement qui rapporte de nombreux bénéfices.

2 commentaires 11 octobre 2011

Réplique à M. Deltell et l’ADQ

 

M. Deltell et l’ADQ ont mené une charge à fond de train contre les syndicats lors de leur congrès de la fin de semaine dernière.  Leurs propositions, si elles étaient appliquées, auraient pour effet d’affaiblir le mouvement syndical à partir d’une fausse prémisse. M. Deltell affirme que les organisations syndicales ont « dérivé » de leur mission première en se mobilisant pour diverses causes politiques et sociales.

En effet, un syndicat lutte pour faire inscrire des droits dans une convention collective, les faire respecter et les conserver.  Mais une autre raison d’être « historique » du syndicalisme est l’amélioration des conditions de vie de la majorité de la population. Les deux champs d’activité sont intimement liés, particulièrement dans le secteur public, alors que les conditions d’exercice de la profession sont liées aux politiques gouvernementales.

De façon générale, la grande majorité des législations sociales les plus progressistes ont d’abord été des revendications syndicales et ne sont devenues des lois qu’à la suite de pressions populaires organisées, souvent  à l’instigation du mouvement syndical.

Mentionnons, à titre d’exemple, la réduction du temps de travail, l’abolition du travail des enfants, la santé-sécurité au travail, l’assurance-hospitalisation, l’assurance-maladie, les régimes de retraite, les droits parentaux, le salaire minimum, l’équité salariale, la Loi 101, l’assurance-automobile.

Que M. Deltell ait choisi de s’en prendre aux organisations syndicales à l’occasion du rassemblement populaire de samedi dernier, organisé conjointement avec la fédération des comités de parents, et à laquelle participaient de simples citoyens, en dit long sur l’intérêt que porte son parti sur la situation des élèves en difficulté.

De toute évidence, l’ADQ n’a aucune considération pour une école inclusive, une école ayant pour mission de répondre aux besoins de tous les élèves, des plus doués, tout comme de ceux qui ont des difficultés.

M. Deltell est de mèche avec François Legault, dont le mouvement s’acoquinerait avec l’ADQ pour former un nouveau parti politique, selon les chroniqueurs politiques. Deltell attaque de front la légitimité des organisations syndicales. Legault y va plus sournoisement, en ciblant la sécurité d’emploi avec son projet de paie au mérite.

Bien entendu, aucun des deux ne remet en cause l’existence du réseau d’écoles privées en pleine expansion. Au contraire, l’école privée leur sert de modèle. Pourtant, nous savons tous que l’écrémage des meilleurs élèves par les écoles privées est une des principales causes du surnombre d’élèves en difficulté dans nos classes.

En voulant bâillonner les syndicats, M. Deltell dévoile sa conception de la démocratie. Son parti se félicite d’avoir recruté des hommes d’affaires comme Claude Garcia, qui s’était rendu célèbre, lors du référendum de 1995, en déclarant qu’il fallait « écraser » les souverainistes. De plus, à la toute dernière minute, l’ADQ a dû annuler la conférence du financier Steven A. Jarislowsky, qui venait de déclarer que le mouvement souverainiste était fasciste.

M. Deltell accuse les syndicats d’utiliser les cotisations syndicales de ses membres pour intervenir sur la place publique. Mais il accepte que son parti serve de porte-voix aux points de vue partisans de l’Institut économique de Montréal, un think tank de droite, grassement financé par le patronat, et qui encaisse en même temps indirectement des deniers publics, sous forme d’exemptions fiscales pour ses donateurs, grâce à son statut d’organisme de charité.

Et c’est ce Monsieur Deltell, Gérard de son prénom, qui veut nous donner des leçons de démocratie!

Laisser un commentaire 17 mai 2011

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