Les budgets fédéral et provincial appauvriront une bonne part de la classe moyenne et n’apportent aucune d’aide pour les plus démunis. Au fédéral, les ainés les plus pauvres seront appauvris par la mesure du 65 à 67 ans.
Harper qui parle toujours de création d’emplois mettra à pied près de 19 000 fonctionnaires et ne fait rien pour l’emploi des 2600 travailleurs d’Aveos, dont 1800 au Québec. La personne qui perd ainsi son emploi vit un stress important et un deuil pour lequel il n’y a pas de cérémonie.
Au provincial, la classe moyenne aussi va continuer de payer. La dette étudiante va augmenter. Les chiffres jamais contestés de la FEUQ donnent ce qui suit: 80% des étudiants travaillent et étudient à temps plein, la moitié gagne moins de 12 200$ par année, les deux tiers n’habitent pas chez leurs parents, un quart auront une dette de plus de 18 000$ et 40% n’ont aucune aide de leurs parents.
Mais il faudrait qu’ils paient leur juste part. Mes enfants sont aux études, ils font partie de presque toutes ces statistiques: maman monoparentale qui ne peut les aider, mon salaire d’enseignante est trop élevé pour qu’ils aient accès à des bourses, ils travaillent et étudient à temps plein.
De plus, le dernier budget Bachand continue dans la foulée de la contribution santé uniforme et inéquitable de 200$ cette année. Les taxes sur l’essence, l’augmentation de la TVQ restent. Taxes régressives qui touchent de plein fouet la classe moyenne et les classes défavorisées.
Le gouvernement va dépenser près de 38,4 millions de dollars pour des tableaux interactifs mais seulement 6 millions pour lutter contre l’intimidation. C’est sa façon de soutenir l’éducation.
À plus d’une reprise, lorsque certains politiciens prennent la parole pour créer de l’emploi et de la richesse, c’est pour nous appauvrir. Alors, arrêtez de le faire, vos solutions nuisent à l’économie!
4 avril 2012
En 2003, la FSE et la CSQ ont lancé un concours d’écriture destiné aux adultes en formation. Le concours «Ma plus belle histoire» venait de naître. Il vise à reconnaître le mérite des personnes inscrites à l’éducation des adultes ainsi que le travail des enseignantes et des enseignants.
Quand je parcours les textes du recueil «Ma plus belle histoire», textes qui sont choisis parmi les plus évocateurs de tous ceux envoyés pour le concours, je réalise à quel point ces adultes en formation font preuve de persévérance et d’une grande force de caractère pour raccrocher aux études.
Les statistiques indiquent que 21% des élèves de moins de 20 ans raccrochent à la FGA. En effet, les textes témoignent souvent des nombreuses difficultés auxquelles sont confrontées plusieurs adultes comme la violence familiale, une séparation difficile, la consommation de drogues, etc., et de leur façon admirable de passer outre pour acquérir une éducation qui leur permette d’augmenter leur niveau de scolarité afin de prendre leur place dans la société.
La semaine québécoise vient donc appuyer le travail et l’engagement des adultes en formation, mais aussi de celui de tout le personnel. C’est donc une occasion de souligner aujourd’hui la qualité du travail qui s’accomplit au quotidien dans les centres d’éducation des adultes.
C’est aussi, pour notre syndicat, une occasion de rappeler les conditions de travail des enseignantes et des enseignants, car lors des négociations nationales, ce secteur fait partie des préoccupations importantes de notre fédération.
En effet, d’année en année, le secteur de l’éducation des adultes affiche un taux de précarité de 74%. Lors de la ronde de négociation 1998-2002, des avancées intéressantes avaient été réalisées pour des ajouts de contrats à temps plein.
Lors de la dernière ronde de négociation, le déclencheur pour l’obtention d’un contrat à temps partiel sera réduit passant de 480 heures à 240 heures. Cette mesure sera en application à partir de 2012-2013.
De plus, il y a peu ou pas de règles de formation des groupes d’élèves. La dernière négociation a permis d’obtenir des sommes pour répondre à la problématique de la taille des groupes d’élèves. Du néant, nous sommes passés à une somme de deux millions de dollars. La brèche est maintenant ouverte.
Le Syndicat de Champlain veut reconnaître et saluer le travail des enseignantes et des enseignants qui, malgré des conditions d’exercice difficiles, font preuve de compétence, de dévouement et de détermination, et mettent tout en œuvre pour la réussite de leurs élèves.
28 mars 2012
Dimanche soir, le 11 mars dernier, c’était le Gala des Jutra 2012. Un beau moment de télévision, mais aussi une célébration de l’éducation, et ce, dès les premières minutes, avec la remise du premier Jutra au jeune Émilien Néron du très beau film Monsieur Lazhar. Des milliers de spectateurs et de téléspectateurs l’ont entendu prononcer ces mots de reconnaissance bien sentis : « Merci à mes professeurs de l’école Félix Leclerc à Longueuil, Guylaine Mire et François Jacques, MES Monsieur Lazhar à moi ».
Puis, ce petit carré rouge omniprésent, porté fièrement par tout le monde du cinéma, pour témoigner aux élus et aux spectateurs leur appui à la cause étudiante. Plusieurs récipiendaires l’ont souligné : la jeunesse, c’est l’avenir d’une société, et l’éducation est indispensable pour construire une société démocratique et plus juste.
Or, nos politiciens actuels ne considèrent l’éducation que comme une marchandise. À l’époque où Monsieur Legault était ministre de l’Éducation, en 1999, il voulait mettre les universités en concurrence, avec les fameux contrats de performance. Ce qui fut fait, avec les conséquences qu’on connait maintenant : un important déficit.
En effet, pour attirer des étudiantes et étudiants, les universités ont construit des campus à Laval, à Longueuil; elles ont offert des programmes régionaux, tout ça pour se voler les unes, les autres, la clientèle universitaire.
Le financement des universités a donc été détourné. Au lieu de servir à la recherche, à l’embauche de personnel, des sommes importantes ont été investies inutilement dans du béton (îlot voyageur), creusant ainsi le déficit. Et on demande maintenant aux étudiants d’en faire les frais!
« Bravo les étudiants, ne lâchez pas! », ont lancé plusieurs récipiendaires de Jutra. Puis, ce fut l’apothéose avec la remise du Jutra du meilleur film remis à Monsieur Lazhar. La productrice Kim Mc Grow, en remerciant toute l’équipe, a eu ces mots qui faisaient chaud au coeur : « On parle d’enseignement dans ce film, on pourrait remercier tous les enseignants du Québec de se dévouer comme ça. »
Quel contraste avec ce qu’on entend du côté de la CAQ. La même journée que la tenue du Gala, M. Legault revenait encore une fois sur l’évaluation du personnel enseignant en proposant la création d’un ordre professionnel. Pour Legault, la responsabilité des succès ou des insuccès de notre système d’enseignement repose entièrement sur les épaules des enseignants.
«La meilleure façon d’avoir plus d’enfants qui réussissent, c’est de s’assurer de la qualité de l’enseignement, et il faut, pour y arriver, évaluer les enseignants», déclare-t-il. Ce serait, selon lui, la façon de valoriser les enseignants et rehausser leur statut social.
Il faudrait rappeler à M. Legault que le but d’un ordre professionnel n’est pas la valorisation d’une profession. Il faudra aussi lui dire que plus de 92% du personnel enseignant s’est déjà prononcé en 2003 contre la création d’un ordre professionnel, et que l’Office des professions du Québec nous avait donné raison, en indiquant que notre profession n’avait pas besoin d’un tel ordre professionnel.
M. Legault, qui a incité Jean Charest à garder la ligne dure dans son bras de fer avec les étudiants, aurait avantage à réécouter le Gala Jutra 2012. Il y apprendrait ce qu’est la vraie reconnaissance et la valorisation d’une profession.
20 mars 2012
Page suivante
Page précédente